Les enfants grandissent trop vite

21 Juin

Certes, le titre s’apparente à un gros cliché … « il n’y a vraiment plus de jeunesse »!Mais malheureusement, les faits sont là.

Il fut un temps où je travaillais à la cantine d’une école primaire (j’étais alors la grosse dame qui forçait les enfants à manger leurs épinards!). Et bien laissez-moi vous dire que j’y ai entendu des choses étonnantes!

Lors de la distribution de la énième tournée de pain (parce qu’il faut le dire, au fond, le pain était l’aliment le plus gastronomique de la cantine), j’ai entendu un garçon de CM2 dire à ses copains : »Hum…Je lui toucherais bien le cul à celle là! » Je vous rassure il ne parlait pas de moi mais de ma collègue quinquagénaire! (Bon, ok sur le coup j’ai peut être été un peu vexée). Il n’en reste pas moins que cette phrase sortie de cette toute petite bouche a choqué mon esprit innocent.

Puis, quelques années après,  je découvre l’entière vérité : les enfants savent à partir de 4 ans qu’avoir 10 pièces d’une certaine valeur peut être moins bien qu’avoir un seul billet, ils connaissent le sens du mot fellation à 8 ans, ils veulent un Iphone 4S à 10 ans et vous demandent des clopes dans la rue à 12! (Et je n’exagère pas du tout, ils sont vraiment tous comme ça! #ironie)

Mais si on y réfléchit, parfois c’est un mal pour un bien. Personnellement je trouve qu’un Iphone 4S serait bien plus utile à un enfant. Après tout, il pourrait appeler les secours quand il est sur le point de mourir de déshydratation sur le parking du supermarché; il pourrait retrouver son chemin par GPS quand on l’oublie à l’école, il n’aurait qu’à s’inscrire sur adoptedescopainscopines.com lorsque ses parents déménagent, il pourrait noter les week end chez papa et les semaines chez maman dans son agenda et il enverrait directement des MMS carte postale à la maitresse au lieu de devoir raconter ses vacances devant toute la classe à chaque rentrée.

Oui, parce que finalement, si leur vie d’enfant perd toujours un peu plus d’innocence et de charme, c’est un peu, et surtout… à cause des grands!

Le syndrome de Peter Pan

7 Juin

« Le syndrome de Peter Pan désigne l’incapacité à s’adapter au monde adulte. Il touche essentiellement des hommes, que l’on pourrait qualifier d’hommes-enfants. Emotionnellement immatures et égocentriques, ils sont pourtant dotés d’une très grande intelligence. » Plus d’infos par ici

Voilà, tout est dit. Je suis donc un homme, immature et égocentrique. Mais rassurez-vous, j’ai malgré tout réussi à grapiller un peu d’intelligence !

Nous voilà donc repartis avec la bêtise adulte…Cette bêtise qui considère que toute différence mérite sa place dans le dictionnaire médical. Heureusement, les grands sont capables d’une grande ironie. Mettre le nom d’un personnage de Disney sur les maux d’un enfant attardé va certainement l’aider à grandir ! Je suis épatée par tant de perspicacité…

Bref, passons. Je vous propose aujourd’hui un petit résumé des caractéristiques de ce fameux syndrome. Vous pouvez commencer à vous inquiéter si :

Vous êtes un homme célibataire (Attention cependant ! Peter Pan  peut frapper une femme même si cela est plus rare)

Vous êtes immature (celui-là il était difficile à trouver)

Vous êtes égocentrique

Vous êtes manipulateur

Vous êtes dans le déni permanent

 Vous n’acceptez aucune critique

 Vous avez un père absent, fuyant, ou dévalorisé (si, en quelque sorte, votre mère porte la culotte !)

Vous êtes surdoué (Oui, vous pouvez avoir de bons côtés !)

Vous avez des réactions puériles

Pour faire court, si vous êtes globalement un gros con mais qu’au fond vous êtes beaucoup plus intelligent que la moyenne, j’ai le regret de vous annoncer qu’il faut vous faire soigner ! La seule solution résiderait dans la pyschanalyse ou la psychothérapie. Mais ne croyez pas tout ce que je dis, après tout, je suis malade ! 😉

Le pourquoi du comment

4 Juin

Aujourd’hui je fais face au premier paradoxe de ma vie d’adulte naissante. J’ai beau trouver tous les arguments du monde pour ne pas grandir, force est de constater que ce blog est le premier signe de mon vieillissement…

Récemment un prof m’a dit qu’on ne pouvait pas se démarquer des autres sans avoir de blog, et que pour « sortir du lot » lors de la recherche d’ un emploi, il fallait être présent sur le net.

En quoi ce conseil me renvoie-t-il la dure réalité en pleine face?

1) J’ai toujours des profs, parce que je fais des études. On étudie pour s’assurer un avenir : préoccupation n°1 du jeune adulte. On ne sait pas toujours pourquoi on a choisi telle ou telle voie, mais ce dont on est sûr, c’est qu’il faut faire des efforts pour pouvoir espérer être heureux plus tard. ABERRATION. Lorsqu’on est enfant, on a juste à laisser son imagination s’exprimer pour que tout devienne  plus simple et que nos rêves soient à portée de main. Bon nombre d’entre nous font des études par orgueil, soumis à la pression de l’entourage ou pour se prouver de quoi ils sont capables. Si seulement chacun pouvait se persuader qu’il est le meilleur, sans avoir besoin de preuve, la vie deviendrait soudainement plus douce. C’est la raison première pour laquelle il ne faut pas grandir. Avez-vous déjà vu un enfant demander à son papa de prouver qu’il est le plus fort devant ses copains? L’enfant n’a qu’à l’affirmer pour que cela devienne une vérité (enfin, lui au moins en est convaincu, mais si cela lui permet d’être heureux?!) Persuadons nous que nous sommes les meilleurs pour que tout devienne possible!

2) J’aurai toujours des profs, c’est la deuxième raison de mon refus de grandir. Ils ne porteront plus ce titre à proprement parler, mais j’en rencontrerai sous différentes formes. Aussi bien au travail que dans ma famille, aussi bien en société que dans mon cercle d’amis, j’aurai à entendre les incessants « Tu ne devrais pas faire cela… »; « Si j’étais toi je ne ferais pas comme cela… »; « Fais attention… »; « Je t’aurais prévenue… »! Alors certes, tout part toujours d’un bon sentiment, on veut vous aider, vous conseiller, mais si on réfléchit bien, cela ressemble bien souvent à des leçons de vie. Parce que certains sont persuadés qu’ils détiennent la vérité, parce que certains vous aiment et veulent vous protéger, parce que certains n’ont tellement pas confiance en eux qu’ils veulent vous enseigner tout leur non-savoir. Quitte à être perpétuellement éduqué, autant garder son âme innocente de bambin.

3)Un jour je vais devoir travailler (pour de vrai). Troisième raison de rester immature. Depuis l’école primaire on nous prépare à cette mutation, à ce cataplysme, point d’ancrage dans la vie adulte. Jusqu’alors chacun passait de classe en classe, acteur de sa progression annuelle.    Nouvelle année, nouvelle classe, nouveaux copains, nouvelle maîtresse. On savait que cette excitation reviendrait l’année d’après, sans qu’on n’ait à s’en soucier. Lorsqu’on grandit, c’est une autre paire de manches. Une fois que l’on a trouvé un travail, on ne parle pas d’excitation du premier jour, mais bel et bien de stress. Ce stress que l’on entend dans la bouche de tous « les grands ». Et une fois que l’on est embauché pour de bon, comme un adulte qui se respecte, pour retrouver un peu l’adrénaline d’un jour de rentrée il faut sans cesse se remettre en question, trouver de nouvelles perspectives. Fini le temps où on se laissait vivre, où papa et maman déposait bébé chéri à l’école et que ce dernier n’avait qu’à prendre ce qu’il y avait à prendre.

4)Je vais devoir me démarquer des autres. Non seulement pour trouver un emploi, mais aussi pour trouver un homme qui se dévouera pour passer le reste de ses jours avec moi, pour évoluer plus vite que les autres dans mon travail, pour faire des enfants plus doués que les autres, pour avoir un plus bel appartement. Parce qu’elle est là la réalité : dans le monde des grands, tout est source de compétition. Si mes souvenirs sont bons, dans le monde des petits, « l’épervier » ou le « 123 soleil » étaient sources de compétition. Et on n’avait qu’à faire le mauvais perdant et dire qu’on ne jouait plus pour que cette compétition prenne fin.

Vous l’aurez compris, je suis pleine de naïveté et phrases toutes faites (oui, parce que je suis une fille). Mais parce que tout ça c’est nul : RESISTEZ 🙂

Avec cette phrase, non seulement ce prof m’a poussée à écrire ce blog (après un petit coup de pouce d’un collègue alternant dont je ne citerai pas le nom), mais il m’a aussi fait prendre conscience de mon syndrome de Peter Pan. Plus d’explications sur ce fameux syndrome dans le prochain article…