Le pourquoi du comment

4 Juin

Aujourd’hui je fais face au premier paradoxe de ma vie d’adulte naissante. J’ai beau trouver tous les arguments du monde pour ne pas grandir, force est de constater que ce blog est le premier signe de mon vieillissement…

Récemment un prof m’a dit qu’on ne pouvait pas se démarquer des autres sans avoir de blog, et que pour « sortir du lot » lors de la recherche d’ un emploi, il fallait être présent sur le net.

En quoi ce conseil me renvoie-t-il la dure réalité en pleine face?

1) J’ai toujours des profs, parce que je fais des études. On étudie pour s’assurer un avenir : préoccupation n°1 du jeune adulte. On ne sait pas toujours pourquoi on a choisi telle ou telle voie, mais ce dont on est sûr, c’est qu’il faut faire des efforts pour pouvoir espérer être heureux plus tard. ABERRATION. Lorsqu’on est enfant, on a juste à laisser son imagination s’exprimer pour que tout devienne  plus simple et que nos rêves soient à portée de main. Bon nombre d’entre nous font des études par orgueil, soumis à la pression de l’entourage ou pour se prouver de quoi ils sont capables. Si seulement chacun pouvait se persuader qu’il est le meilleur, sans avoir besoin de preuve, la vie deviendrait soudainement plus douce. C’est la raison première pour laquelle il ne faut pas grandir. Avez-vous déjà vu un enfant demander à son papa de prouver qu’il est le plus fort devant ses copains? L’enfant n’a qu’à l’affirmer pour que cela devienne une vérité (enfin, lui au moins en est convaincu, mais si cela lui permet d’être heureux?!) Persuadons nous que nous sommes les meilleurs pour que tout devienne possible!

2) J’aurai toujours des profs, c’est la deuxième raison de mon refus de grandir. Ils ne porteront plus ce titre à proprement parler, mais j’en rencontrerai sous différentes formes. Aussi bien au travail que dans ma famille, aussi bien en société que dans mon cercle d’amis, j’aurai à entendre les incessants « Tu ne devrais pas faire cela… »; « Si j’étais toi je ne ferais pas comme cela… »; « Fais attention… »; « Je t’aurais prévenue… »! Alors certes, tout part toujours d’un bon sentiment, on veut vous aider, vous conseiller, mais si on réfléchit bien, cela ressemble bien souvent à des leçons de vie. Parce que certains sont persuadés qu’ils détiennent la vérité, parce que certains vous aiment et veulent vous protéger, parce que certains n’ont tellement pas confiance en eux qu’ils veulent vous enseigner tout leur non-savoir. Quitte à être perpétuellement éduqué, autant garder son âme innocente de bambin.

3)Un jour je vais devoir travailler (pour de vrai). Troisième raison de rester immature. Depuis l’école primaire on nous prépare à cette mutation, à ce cataplysme, point d’ancrage dans la vie adulte. Jusqu’alors chacun passait de classe en classe, acteur de sa progression annuelle.    Nouvelle année, nouvelle classe, nouveaux copains, nouvelle maîtresse. On savait que cette excitation reviendrait l’année d’après, sans qu’on n’ait à s’en soucier. Lorsqu’on grandit, c’est une autre paire de manches. Une fois que l’on a trouvé un travail, on ne parle pas d’excitation du premier jour, mais bel et bien de stress. Ce stress que l’on entend dans la bouche de tous « les grands ». Et une fois que l’on est embauché pour de bon, comme un adulte qui se respecte, pour retrouver un peu l’adrénaline d’un jour de rentrée il faut sans cesse se remettre en question, trouver de nouvelles perspectives. Fini le temps où on se laissait vivre, où papa et maman déposait bébé chéri à l’école et que ce dernier n’avait qu’à prendre ce qu’il y avait à prendre.

4)Je vais devoir me démarquer des autres. Non seulement pour trouver un emploi, mais aussi pour trouver un homme qui se dévouera pour passer le reste de ses jours avec moi, pour évoluer plus vite que les autres dans mon travail, pour faire des enfants plus doués que les autres, pour avoir un plus bel appartement. Parce qu’elle est là la réalité : dans le monde des grands, tout est source de compétition. Si mes souvenirs sont bons, dans le monde des petits, « l’épervier » ou le « 123 soleil » étaient sources de compétition. Et on n’avait qu’à faire le mauvais perdant et dire qu’on ne jouait plus pour que cette compétition prenne fin.

Vous l’aurez compris, je suis pleine de naïveté et phrases toutes faites (oui, parce que je suis une fille). Mais parce que tout ça c’est nul : RESISTEZ 🙂

Avec cette phrase, non seulement ce prof m’a poussée à écrire ce blog (après un petit coup de pouce d’un collègue alternant dont je ne citerai pas le nom), mais il m’a aussi fait prendre conscience de mon syndrome de Peter Pan. Plus d’explications sur ce fameux syndrome dans le prochain article…

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7 Réponses to “Le pourquoi du comment”

  1. tatalucienne juin 5, 2012 à 5:55 #

    Et puisque grandir c’est prendre du recul, c’est aussi se prendre bien trop la tête : http://www.youtube.com/watch?v=OmB5nXSm4y8&ob=av2e

  2. Arnaud M. juin 5, 2012 à 9:22 #

    Je crois n’avoir pas vieilli depuis la lecture de cet article hier soir, c’est déjà un bon début, non ? =p

  3. lemondeouvresesportes juin 6, 2012 à 10:15 #

    je partage l’avis… pourquoi être toujours en compétition ?

    • Michel T. juin 9, 2012 à 8:57 #

      Mouarf, un étudiant alternant dont je tairai le nom… T’es grillé, vieux. En tout cas, tu as suivie un bon conseil : ton blog est très rafraîchissant !

      (rafraîchissant, adjectif sans intérêt, totalement dans son temps, désigne à peu près n’importe quelle oeuvre sans signifier quoi que ce soit)

      • Arnaud M. juin 10, 2012 à 12:41 #

        Euh.. Je sais pas exactement à qui tu fais allusion mais je pense que tu te plantes !

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  1. J’ai craqué pour l’abonnement Premium de Deezer ! « Qu4tres - juin 6, 2012

    […] Donc bon, je ne veux pas entrer dans le débat sans fin de c’est pas bien de télécharger ça tue l’artiste VS télécharger évite de faire vivre un intermédiaire parasite, les maisons de disques. A partir de là vous êtes grands et libre de vos choix, pour ma part j’ai fini par faire le mien (après quelques années de réticence vis à vis des offres payantes, serais-je devenu un adulte à mon insu ?). […]

  2. J’ai craqué pour l’abonnement Premium de Deezer ! | Arnaud M. - juin 19, 2012

    […] Donc bon, je ne veux pas entrer dans le débat sans fin de c’est pas bien de télécharger ça tue l’artiste VS télécharger évite de faire vivre un intermédiaire parasite, les maisons de disques. A partir de là vous êtes grands et libre de vos choix, pour ma part j’ai fini par faire le mien (après quelques années de réticence vis à vis des offres payantes, serais-je devenu un adulte à mon insu ?). […]

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